Un nom médiéval qui dit « la lisière de forêt », un château bâti sous Mazarin pour un homme de l’ombre du pouvoir, des hameaux de fermes et de manoirs : l’histoire de La Haye-Malherbe s’écrit entre champs et bois depuis huit siècles.

Le nom dit tout : « Haia Malherbe », attesté dès 1194, où « haye » désigne au Moyen Âge la lisière de forêt, et « Malherbe », le lieu où l’herbe est mauvaise. Huit siècles plus tard, la commune est toujours ce qu’annonçait son nom : un bourg et ses hameaux installés à la lisière des bois, entre les champs du plateau et la forêt d’Argeronne. Avec, au fil du temps, un moulin médiéval, des manoirs, et un château du Grand Siècle.
- Haia Malherbe, 1194
- Le moulin, les manoirs, les hameaux
- Argeronne : le château de l’homme de Mazarin
- L’église Saint-Nicolas
- De la campagne au bourg périurbain
- Ce que ce passé dit du cadre
- Questions fréquentes
Haia Malherbe, 1194
La première mention connue du village remonte à 1194, en pleine époque de Richard Cœur de Lion : son église est alors déjà citée, et le nom se lit « Haia Malherbe ». Le nom est un programme : la haye médiévale, c’est la lisière, la bordure de forêt défrichée ; Malherbe, la terre ingrate qu’il fallut du courage pour cultiver. D’autres mentions médiévales, au XIIIe siècle, disent un village déjà bien établi.
Le moulin, les manoirs, les hameaux
Le patrimoine de la commune est disséminé dans ses hameaux, comme sa vie l’a toujours été : le moulin de Beauregard, dont les vestiges remonteraient au XVe siècle ; le manoir du Carbonnier (XVIIe-XIXe siècles) ; l’édifice fortifié du Défends, un nom qui dit la terre « défendue », réservée, aux origines du XIIe siècle ; le manoir des Hoguettes (XVIIe). Fermes à cour, granges et chemins creux complètent ce bâti rural authentique, qui fait aujourd’hui le caractère de l’habitat ancien des hameaux.
Argeronne : le château de l’homme de Mazarin
Le principal monument de la commune est à l’orée des bois : le château d’Argeronne, bâti entre 1650 et 1655 pour Louis Berryer, comte de La Ferrière, un homme de l’ombre du Grand Siècle, proche collaborateur de Mazarin puis de Colbert. Sobre et élégant, entouré d’un vaste parc, il domine la forêt qui porte son nom. Sa reconversion est à son image : chambres d’hôtes, réceptions, séminaires, et même un espace de coworking au milieu des bois. Trois siècles et demi plus tard, on travaille à nouveau pour de grands projets à Argeronne ; ils ont juste changé de nature.
L’église Saint-Nicolas
Au centre du bourg, l’église Saint-Nicolas raconte les épreuves du village : mentionnée dès 1194, reconstruite en pierre de taille au XVIe siècle, ravagée par un incendie en 1719 puis restaurée, elle reçut son clocher actuel en 1857. Autour d’elle, la place accueille toujours le marché du jeudi, huit siècles après la première mention du village, le cœur bat au même endroit.
De la campagne au bourg périurbain
L’histoire récente de La Haye-Malherbe est celle d’un bourg qui a grandi : à partir de la fin des années 1960, les familles des bassins de Louviers et d’Elbeuf ont découvert le plateau. Le bourg a grandi sans se renier : les commerces et les écoles ont tenu, le marché du jeudi aussi. C’est cet équilibre, ni village figé, ni lotissement anonyme, qui fait aujourd’hui son caractère.
Ce que ce passé dit du cadre
Lisière défrichée au Moyen Âge, hameaux de fermes et de manoirs, château à l’orée des bois : l’histoire de La Haye-Malherbe est celle d’un équilibre entre les champs et la forêt, un équilibre qui marque encore la commune d’aujourd’hui. Ce paysage n’est pas un décor récent : c’est une construction patiente de huit siècles, que la forêt d’Argeronne protège durablement.
Sources
- Église Saint-Nicolas (mentionnée en 1194, reconstruite au XVIe siècle, incendie de 1719, tour de 1857) : Inventaire général, base Mérimée.
- Château d’Argeronne, bâti de 1650 à 1655 pour Louis Berryer : actu.fr ; Le Parisien.

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