Centre politique de la Francie sous Charles le Chauve, Pîtres vit signer l’Édit de 864 et s’ériger des ponts fortifiés contre les Vikings. Un passé millénaire, doublé de vestiges antiques.

Pîtres fut, à l’époque carolingienne, l’un des centres politiques majeurs du royaume franc. On y prit des décisions qui marquèrent le royaume, on y construisit des ponts pour barrer la route aux Vikings, et son sol conserve les traces d’une occupation antique. Ce passé façonne l’identité et le charme de Pîtres.
- Un centre du royaume carolingien
- L’Édit de Pîtres (864)
- Les ponts fortifiés contre les Vikings
- Des racines antiques
- Église, pierre et vestiges
- La côte des Deux-Amants
- Ce que ce passé dit du cadre
- Questions fréquentes
Un centre du royaume carolingien
Au IXe siècle, Pîtres fut, sous le roi Charles le Chauve, l’un des centres politiques majeurs de la Francie occidentale. Sa position stratégique au confluent de la Seine et de l’Andelle en faisait un point de contrôle du fleuve. Le roi y tint des assemblées et y prit des décisions d’importance pour tout le royaume, un rôle de premier plan pour ce qui n’est aujourd’hui qu’un village.
L’Édit de Pîtres (864)
C’est ici que fut promulgué, en 864, le fameux Édit de Pîtres, l’un des grands actes du règne de Charles le Chauve. Il portait notamment sur la refonte du système monétaire du royaume. Que le nom d’un village de l’Eure soit ainsi attaché à un texte majeur de l’histoire de France en dit long sur l’importance qu’eut Pîtres à cette époque.
Les ponts fortifiés contre les Vikings
Face aux raids vikings qui remontaient la Seine, Charles le Chauve fit de Pîtres un verrou : un « castrum » y est mentionné dès 856, puis, à partir de 862, un pont fortifié, dit « pont de Pîtres », est jeté sur le fleuve, encadré de deux châtelets, à l’emplacement de Pont-de-l’Arche et d’Igoville, pour barrer la route aux drakkars. Une sépulture féminine viking, découverte sur le site, témoigne de cette époque agitée.
Des racines antiques
Bien avant les Carolingiens, Pîtres était déjà occupée : le site conserve les traces d’une agglomération gallo-romaine (vestiges de thermes et d’un théâtre, dans le bourg antique que les archéologues identifient à Pistae). Une vaste nécropole, « La Remise », utilisée de l’âge du Fer à la fin de l’époque romaine, plus de 400 tombes y ont été fouillées, , atteste d’une présence plus ancienne encore. Le sol de Pîtres est, à lui seul, un livre d’histoire.
Église, pierre et vestiges
Le patrimoine visible complète ce passé : l’église Notre-Dame, dont le mur nord de la nef pourrait remonter au Xe siècle selon l’Inventaire général, et la « Pierre Saint-Martin », un édicule énigmatique que l’Inventaire rattache plutôt au haut Moyen Âge. Ces repères, disséminés dans le village et ses environs, se découvrent à pied, une promenade dans le temps que je conseille à tout nouvel arrivant pour comprendre l’esprit du lieu.
La côte des Deux-Amants
Au-dessus du confluent se dresse la côte des Deux-Amants, célèbre falaise chantée dès le XIIe siècle par Marie de France dans son Lai des Deux-Amants. Ce site naturel et légendaire, sur la commune voisine d’Amfreville-sous-les-Monts et compris dans le site inscrit des falaises de la Seine et de l’Andelle (1981), offre un large panorama sur la vallée de la Seine. Il complète, côté nature, le patrimoine historique de Pîtres.
Ce que ce passé dit du cadre
Ce patrimoine donne à Pîtres une identité forte, celle d’un village où l’histoire carolingienne affleure encore. Conjugué au cadre naturel (confluent, falaises, bords de fleuve), il compose un paysage où se lisent de nombreuses époques.
Sources
- Édit de Pîtres (864) et atelier monétaire : Monnaie de Paris.
- Pont fortifié dit « de Pîtres » (862) : J. Le Maho, Presses universitaires de Rouen et du Havre ; vicus antique, thermes, théâtre, nécropole de La Remise : Presses universitaires de Rouen et du Havre.
- Église Notre-Dame (mur nord, Xe siècle ?) et Pierre Saint-Martin : Inventaire ; Inventaire.
- Site inscrit des falaises de la Seine et de l’Andelle (1981) : préfecture de l’Eure ; lai des Deux-Amants : musées Rouen Normandie.

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