Née d’une utopie urbaine des années 1970, Val-de-Reuil est souvent présentée comme la plus jeune commune de France, créée de toutes pièces. Une histoire singulière qui explique son visage et son état d’esprit.

Là où ses voisines cultivent un passé médiéval, Val-de-Reuil a une histoire à nulle autre pareille : celle d’une ville née d’un projet. Dans les années 1970, l’État décide de bâtir ici, entre forêt et boucle de Seine, une ville nouvelle pour desservir l’axe Paris-Rouen. On la présente souvent comme la plus jeune commune de France ; elle n’est pas à confondre avec le vieux village voisin du Vaudreuil. Comprendre cette histoire, c’est comprendre la ville d’aujourd’hui.
- Une ville née d’une utopie
- Le « Germe de ville » et ses architectes
- La plus jeune commune de France
- Une ville jeune
- Des vestiges plus anciens qu’on ne croit
- Ce que cette histoire dit du cadre
- Questions fréquentes
Une ville née d’une utopie
À la fin des années 1960, l’État lance un ambitieux programme de villes nouvelles pour organiser la croissance urbaine. L’une d’elles doit voir le jour dans l’Eure, sur l’axe Paris-Rouen : l’« ensemble urbain du Vaudreuil » est créé en 1972, et les premières constructions sortent de terre dès 1973. Le projet est immense, on parle alors d’une ville de 100 000 habitants. La réalité sera plus modeste, mais l’ambition a façonné durablement les lieux : larges avenues, espaces verts, équipements pensés à grande échelle.
Le « Germe de ville » et ses architectes
La conception est confiée à une équipe menée par l’urbaniste Jean-Paul Lacaze, entourée notamment des architectes de l’Atelier de Montrouge (Gérard Thurnauer, Pierre Riboulet, Jean-Louis Véret). Leur idée maîtresse : un « Germe de ville », un cœur dense et piétonnier destiné à croître par étapes, organisé autour d’une dalle séparant piétons et circulation automobile. On y expérimente aussi des procédés d’économie d’énergie en avance sur leur temps (chauffage par la nappe phréatique, orientation solaire des bâtiments). Val-de-Reuil est ainsi, à sa manière, un laboratoire d’architecture des années 1970.
La plus jeune commune de France
D’abord simple ensemble urbain, le territoire devient une commune de plein exercice le 28 septembre 1981, sous le nom officiel de « Vaudreuil-Ex-Ensemble Urbain », selon le Code officiel géographique de l’INSEE. Pour éviter la confusion avec le village voisin du Vaudreuil, elle est rebaptisée Val-de-Reuil le 19 novembre 1984. Créée ainsi de toutes pièces, elle est souvent citée comme la plus jeune commune de France, une singularité dont la ville a fait un élément d’identité.
Une ville jeune
Cette jeunesse n’est pas qu’une date de naissance : elle se lit aussi dans la vie de la ville. Familles, jeunes couples, actifs : Val-de-Reuil est une ville en mouvement.
Des vestiges plus anciens qu’on ne croit
Ville nouvelle ne veut pas dire sans passé. Aux portes de la ville, sur la commune voisine de Saint-Étienne-du-Vauvray, la base Mérimée recense un menhir classé monument historique en 1927 et la ferme de la Haute-Crémonville, inscrite en 1978. Côté culture, le théâtre de l’Arsenal anime la vie locale. Ce mélange, un bâti résolument moderne posé sur un sol chargé d’histoire, fait partie du caractère singulier de la commune.
Ce que cette histoire dit du cadre
Cette genèse explique le visage de la ville d’aujourd’hui. Parce qu’elle a été construite vite et en nombre, Val-de-Reuil dispose d’un parc de logements dense et varié, hérité du projet de ville nouvelle : dalle piétonne, larges avenues, espaces verts et équipements pensés à grande échelle. Comprendre cette genèse, c’est comprendre le paysage urbain singulier de la commune.
Sources
- Création de la commune (28/09/1981, « Vaudreuil-Ex-Ensemble Urbain ») et changement de nom (19/11/1984) : INSEE, Code officiel géographique.
- Menhir (classé en 1927) et ferme de la Haute-Crémonville (inscrite en 1978), commune de Saint-Étienne-du-Vauvray : base Mérimée, base Mérimée.

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