Un domaine franc mentionné en 1025, un port gallo-romain sur l’Eure, un jésuite botaniste qui donna le nom du village à une fleur cultivée dans le monde entier, et une source d’eau chaude découverte par un curé radiesthésiste.

L’histoire d’Incarville commence par un nom d’homme : Wichard, dont le « domaine », Wicardi Villa, attesté en 1025, deviendra au fil des siècles Iscarville, Yscarville, puis Incarville. Village de la vallée de l’Eure, port fluvial dès l’époque gallo-romaine, il a donné son nom à une fleur connue des botanistes du monde entier, et cache une curiosité géologique : une source d’eau chaude. Récit d’un village discret aux histoires étonnantes.
- Wicardi Villa, 1025
- Le port de la vallée
- L’Incarvillea, la fleur du village
- 1931 : la source du curé radiesthésiste
- Le patrimoine bâti
- 1973 : le village et la ville nouvelle
- Questions fréquentes
Wicardi Villa, 1025
La première mention écrite du village date de 1025 : Wicardi Villa, « le domaine de Wichard », un nom de personne germanique (de wīc, le combat, et hard, dur), typique des grandes heures de la Normandie médiévale où les domaines portaient le nom de leur maître. Le nom évoluera pendant des siècles, Iscarville en 1291, Yscarville en 1400, Incurville en 1631, avant de se fixer. Mille ans plus tard, le « domaine de Wichard » est toujours un lieu où l’on s’établit.
Le port de la vallée
Bien avant Wichard, le site était déjà occupé : Incarville fut un port gallo-romain sur la rive gauche de l’Eure. La rivière était alors une voie de transport majeure, et le village un point de passage entre le plateau et la vallée. Cette vocation de carrefour ne s’est jamais démentie : la route, puis l’autoroute, le viaduc de l’A13, construit en 1970, franchit la vallée sur la commune, ont pris le relais de la rivière. Vingt siècles de trafic, du chaland à l’automobile.
L’Incarvillea, la fleur du village
C’est l’histoire la plus étonnante du village : son nom fleurit dans les jardins botaniques du monde entier. Pierre Nicolas Le Chéron d’Incarville (1706-1757), jésuite né à Louviers dont la famille tenait son nom de la terre d’Incarville, passa dix-sept ans en mission à Pékin, et y devint l’un des grands botanistes de son siècle, introduisant en Europe l’ailante, le sophora du Japon et le savonnier. En son honneur, le botaniste Jussieu nomma un genre de fleurs asiatiques Incarvillea : de grandes trompettes roses que l’on cultive aujourd’hui sur tous les continents.
1931 : la source du curé radiesthésiste
Autre singularité locale : la source d’eau chaude d’Incarville, dont l’eau sort de terre à une température d’environ 28 degrés, une curiosité géologique locale. Elle jaillit en 1931 d’un forage lancé à l’initiative de l’abbé Gilbert Delamare, curé du village et adepte de radiesthésie, qui cherchait… du pétrole. La tradition locale prête à cette eau des vertus pour la peau, folklore charmant plus que médecine, , et le site reste aujourd’hui une curiosité de promenade appréciée des connaisseurs.
Le patrimoine bâti
Le patrimoine d’Incarville est celui d’un village de vallée : l’église Saint-Pierre, dont les parties les plus anciennes remontent au XIIe siècle, restaurée au XIXe ; le château d’Incarville, demeure du XIXe siècle dans son écrin de verdure ; les maisons anciennes du vieux village, entre rivière et coteau ; et le grand viaduc de 1970, devenu à sa manière un repère du paysage. Un ensemble discret, à l’image du village : on le découvre en s’y promenant, pas depuis la route.
1973 : le village et la ville nouvelle
L’histoire récente a aussi façonné la commune : en 1973, Incarville fut l’une des neuf communes à céder des terres pour la création de l’ensemble urbain du Vaudreuil, la future Val-de-Reuil. Le village a ainsi contribué à faire naître le pôle d’emploi voisin. De Wicardi Villa à la ville nouvelle, Incarville aura toujours été un lieu qui relie : la vallée et le plateau, la rivière et la route, le village et la ville. Pour le marché du logement aujourd’hui, voir l’immobilier à Incarville.
Sources des faits cités
- Source d’eau chaude à 28 °C, forage de 1931 : Paris-Normandie ; actu.fr.
- Pierre Nicolas Le Chéron d’Incarville (Louviers 1706 - Pékin 1757), en Chine de 1740 à sa mort : JSTOR Global Plants ; Wikipédia.

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